Les cuticules font partie de ces détails qu’on remarque à peine jusqu’au jour où elles posent problème. Fine peau nichée à la base de l’ongle, elles cristallisent une question récurrente dans les salons de manucure, vaut-il mieux les couper ou les repousser ? Entre habitudes héritées des salons traditionnels et recommandations dermatologiques actuelles, il est temps de remettre les pendules à l’heure.
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Faut-il couper les cuticules ou les repousser ?
La majorité des dermatologues et podologues s’accordent sur un point, couper les cuticules n’est pas recommandé. Ce geste, pourtant très répandu dans les instituts de beauté, fragilise une barrière naturelle dont le rôle est souvent sous-estimé. En tranchant cette membrane, on ouvre la voie aux bactéries, champignons et agents irritants qui cherchent à s’infiltrer près de la matrice unguéale.
Des études dermatologiques ont montré que les personnes qui coupent régulièrement leurs cuticules présentent davantage de périonyxis que celles qui se contentent de les repousser. Repousser les cuticules, en revanche, permet de conserver leur fonction protectrice tout en affinant l’aspect visuel de l’ongle. Avec un bâtonnet en bois d’oranger et quelques gouttes d’huile nourrissante, le geste devient simple, rapide et sans risque.
C’est d’ailleurs une étape incontournable avant toute pose d’ongles américains, où la préparation du lit unguéal conditionne directement la tenue et le rendu final. C’est aujourd’hui la méthode privilégiée par les professionnels soucieux du long terme, et celle que recommande l’American Academy of Dermatology depuis plusieurs années.

Le rôle méconnu des cuticules pour la santé des ongles
La cuticule n’est pas qu’un bourrelet disgracieux à éliminer. Elle agit comme un joint d’étanchéité entre la peau et l’ongle, protégeant la matrice unguéale, la zone où se fabrique la kératine qui donne sa solidité à l’ongle. Sans cette protection, la matrice se retrouve exposée aux chocs mécaniques, à l’eau et aux micro-organismes.
On estime que la majorité des onychomycoses, infections fongiques de l’ongle, surviennent après une atteinte répétée de cette zone. Des gestes répétés et mal maîtrisés finissent par laisser des traces, ongles striés, fragilisés, sujets aux dédoublements.
La qualité de la repousse est aussi directement affectée, un ongle qui pousse depuis une matrice abîmée sera plus fragile, avec des bords irréguliers difficiles à entretenir. Préserver cette peau délicate, c’est aussi investir dans la qualité de la repousse sur le long terme.
Les risques concrets de couper ses cuticules
Couper les cuticules peut sembler anodin, mais les conséquences s’accumulent souvent avec le temps. Voici ce que ce geste peut provoquer :
- Rougeurs et micro-inflammations autour de l’ongle
- Saignements, même minimes, qui constituent une porte d’entrée pour les infections
- Repousse plus épaisse, plus dure et irrégulière après chaque coupe
- Risque accru de paronychie, une infection bactérienne ou fongique du pourtour de l’ongle
- Apparition de petites peaux mortes douloureuses, favorisées par la cicatrisation répétée

Ce cercle vicieux pousse souvent à couper encore davantage, aggravant progressivement l’état de la peau. Mieux vaut rompre avec cette habitude dès que possible, en adoptant des alternatives plus douces. À noter que les personnes qui suivent des traitements amincissant la peau sont particulièrement vulnérables et doivent redoubler de précaution.
Comment repousser les cuticules sans les abîmer
La technique du repoussement s’apprend rapidement et demande peu de matériel. Commencez par ramollir les cuticules en trempant les doigts dans de l’eau tiède pendant cinq minutes, ou après une douche chaude. Appliquez ensuite une huile de cuticules et massez doucement la base de chaque ongle.
Ce massage stimule la circulation locale et améliore l’absorption des actifs. Prenez un bâtonnet en bois d’oranger et repoussez la cuticule en mouvements circulaires légers, sans forcer.
Le résultat est immédiat, l’ongle paraît plus long, plus net, sans qu’aucune barrière n’ait été sacrifiée. Répétée une fois par semaine, cette routine suffit à maintenir un aspect soigné durablement. Si des petites peaux mortes persistent, une légère lime douce permet de les atténuer sans rouvrir la peau.
Soin quotidien, les bons gestes pour des cuticules en bonne santé
L’hydratation reste le pilier d’un entretien efficace. Appliquer une crème pour les mains riche après chaque lavage, insister sur la base des ongles et utiliser une huile de cuticules deux à trois fois par semaine, ces habitudes simples changent visiblement l’état de la peau en quelques semaines. Les formules à base de jojoba ou de vitamine E sont particulièrement appréciées pour leur absorption rapide sans film collant.
Quelques erreurs courantes méritent d’être évitées, arracher les petites peaux à la main, laisser les mains tremper trop longtemps dans l’eau, et oublier de protéger ses mains avec des gants lors de l’utilisation de produits ménagers. Ces trois réflexes suffisent à éviter la majorité des problèmes de cuticules que l’on voit en consultation dermatologique.
En hiver, où le froid et le chauffage intérieur accentuent la sécheresse cutanée, il peut être utile d’appliquer une couche généreuse de crème nourrissante avant de dormir, en enfilant des gants en coton pour maximiser la pénétration. Un entretien régulier et attentif suffit largement à garder des ongles sains et une manucure impeccable, sans jamais toucher à une paire de ciseaux.